Visiting Iranian Painter Ghass Rouzkhosh - Paris, February 2003
Photos Empress Farah Pahlavi courtesy © IMAPRESS Paris

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La galerie Karine Boudet accueille jusqu’au 2 mars des œuvres du peintre iranien, Ghass Rouzkhosh. Une exposition de toiles autour d’un même thème, la guerre, et dont le but avoué est de heurter pour réveiller les consciences assoupies.
L’ambition de Ghass est là, dans l’espérance de provoquer un électrochoc. Pour lui le temps de la contemplation n’a de sens que s’il suscite l’effort et la prise de conscience. L’artiste est responsable et ne saurait rester silencieux devant la corruption de la nature, l’obscurantisme aveugle et la machine guerrière. Le contemplateur est censé réagir et dénoncer à son tour par son regard.
L’équivoque entre l’abstrait et le figuratif, la volonté de briser le cadre n’est sans doute pas chose nouvelle et d’un point de vue strictement technique l’expérience qui nous ait donnée à voir reste assez sage. Dès lors, on parlerait plus volontiers de renouveau que de nouveau. Après les discours consensuels de l’Art pour l’Art ou du non Art pour le non Art, la peinture de Ghass retrouve une bataille oubliée, celle de l’Ethique qui prédomine l’Esthétique, qui la rend possible et visible. L’artiste est plus qu’impliqué, responsable et créer devient un sacerdoce. C’est pourquoi il n’est pas envisageable pour Ghass de peindre autrement, pour le plaisir, en composant des visions légères et fausses. La réalité n’est pas légère. La réalité n’est pas jolie à voir. Alors Ghass qui prétend ne pas être "plus fort que la nature" a choisit de peindre la souffrance.
La peinture engagée est par tradition celle des peintres qui ont vécu et vu. C’est sans doute pourquoi Ghass ressent ce besoin de témoigner, après avoir, à dix huit ans vécu la guerre en Iran. Des images qui l’ont marqué de façon inéluctable car "une seconde de guerre suffit pour mourir". L’Iran, le Kosovo, l’Afghanistan et la destruction de Carthage ou l’Holocauste se ressemblent alors et parlent le même langage, celui du traumatisme du monde, "passé, présent et futur".

Devenue soudainement la coqueluche des galeristes parisiens, Gash ne perd pas son sang froid. Et si le musée d’Art moderne désire acquérir deux de ses toiles, sa peinture ne saurait prendre le chemin du compromis sans être dénaturée. La consécration peut donner le vertige mais les démons de l’artiste sont ailleurs.

Exposition galerie Katryn Boudet, 13 rue de Medicis, 75006  http://digipressetmp4.teaser.fr/site/page.php?num_art=400

Below commentaries from: www.axelibre.com

Ghass Rouzkhosh est artiste depuis 20 ans. Après 2 ans de guerre en Iran, sa vision de la société change. Depuis 10 ans, il n'utilise plus que 3 couleurs : le rouge, le noir et le blanc; sans mélange. Le rouge lui a été inspiré par la couleur du ciel après un bombardement, le noir par les arbres calcinés. Sa palette montre la souffrance des gens. D'ailleurs, il dit lui-même, il n'est pas plus fort que la nature, alors pourquoi rivaliser avec elle dans une profusion de couleurs?

Le leitmotiv de Ghass Rouzkhosh est une simple interrogation : pourquoi l'homme fait-il souffrir les autres ainsi ? Il s'explique : « Je ne fais pas de la peinture gentille. Je veux donner la parole aux gens qui n'ont pas la possibilité de parler, car la souffrance appartient à tout le monde. Je crée des reliefs pour que les gens puissent caresser les toiles, pour qu'elles soient accessibles à ceux qui ne voient pas. Ca donne aussi un rythme à la peinture. Mes cadres sont découpés, torturés, détruits comme la société. Je représente les actes de l'homme pour qu'il en assume les conséquences, pour montrer son côté égoïste, obscur et invisible. Mon œuvre est un ensemble ; il n'y a pas d'individualité, d'élite ou de pays visés. Elle reflète la parole des gens, quel que soit l'individu, la couleur ou le pays. C'est leur message, pas le mien.»

La peinture de Ghass Rouzkhosh ne laisse pas indifférent. Malgré cette profusion de rouge, on ne ressent aucune agression. Chaque toile apporte un message d'incompréhension ou de paix et guide le visiteur « sur le pont qui relie les hommes entre eux à travers le passé, le présent et l'avenir. »
Céline Berger  http://www.axelibre.com/plastiques.php?var=ghass_rouzkhosh&v2=ag_expo&v3=v3

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