M. Ricardo Karam (voir le site)
rassemble le meilleur de ses interviews de la dernière décennie en un livre
"Rencontres Privilégiées" ( Privileged Encounters). Ce Livre est publié à
Beirut, Genève et Paris, Voici l'interview concernant S.M.I. Farah Pahlavi Impératrice
d'Iran: Farah DIBA
IL EST
DES ENDROITS où l'on retourne inlassablement.
S'il est des personnages qui marquent lHistoire ou parfois même lécrivent,
il est des moment tragiques, magiques,fatidiques qui les marquent eux aussi à
jamais. Les contes de feés, ça existe. Ils nous habitent pour la vie. Ce soir, nous
allons vous en raconter un.
Farah Diba, fille unique du colonel Sohrab et de Farideh
Ghotbi, ne savait pas, lors de son séjour à Paris, quelle était prédestinée à
devenir l'impératrice dIran. Selon ses propres mots, le Chah d'Iran précise:
je ne me marie pas seulement pour des raisons dynastiques, mais pour des
raisons humaines".
Le 21 décembre 1959 fut célébré au palais Marmar votre mariage damour. Cet amour
vous fitconnaître des moments de gloire et de bonheur mais aussi bien des
épreuves. Quel bilan en-vous aujourdhui?
Cest vrai que jai eu une vie
exceptionnelle, pleine de gloire et de tragedies, une vie comblée d'amour de bonheur, de
popularité, et de lamour mes compatriotes. Jai eu la chance darriver à
un moment de lhistoire de lIran où jai pu réaliser des rêves, et les
voir accomplis. Jai eu la chance de connaître mon pays à fond, de rencontrer mes compatriotes, et aussi de beaucoup voyager de par le
monde et de rencontrer des personnes extraordinaires qui mont beaucoup apporté.
Jai eu toutce que
quelquun peut espérer de la vie. Malheureusement, jai connu aussi beaucoup de
douleurs, dépreuves, de trahisons, de traîtrises, de lâchetés, de bassesses et
de mesquineries. A moi de tirer de ce mélange des deux aspects de ma vie, une experience
humaine riche et positive, et de porter un regard philosophique sur la Vie, sur
lHistoire, de prendre des distances avec moi-même et de me voir dans un contexte
historique. Je pense que le bilan est positif,
parce que je sens que les graines que jai plantées avec laide de beaucoup de
mes compatriotes, hommes et femmes, ontgermé.
Il y a eu des arbres, qui ont donné des fruits, et subsistent encore. Il y a eu
peut-être des branches coupées et certains arbres déracinés mais je pense quils
vont repousser. Je dis un bilan positif car grâce à Dieu, je reçois encore, vingt ans après, laffection et la sympathie de
beaucoup de mes compatriotes que je rencontre à travers mes voyages dans le monde, et de la part de beaucoup de gens simples qui
me croisent dans la rue et sont de nationalités différentes.
Vous êtes toujours unie au Chah, vous portez son nom, le poids du passé et du
patrimoine. Vous êtes le mère de ses enfants, la dépositaire de ses rêves et de ses
ambitions. Comment vivez-vous toujours cette union?